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L’agriculture est menacée, notre alimentation aussi

A force de construire des maisons quatre façades en périphérie de nos villes, de remplacer les champs par des centres commerciaux, des parkings, des zonings, des zones de loisirs (terrains de chasse, terrains de golf, centres équestres, aéroports…) que reste-t-il comme terre pour cultiver de quoi nourrir notre population? Pas grand-chose. En 25 ans, les surfaces urbanisées ont progressé de 23%, ce qui fait de la Belgique un des pays les plus « bétonnés ». Et sur 30 ans, la Belgique a perdu 63 % de ses fermes. Ce sont surtout les petites fermes qui sont touchées, celles de moins de 5 hectares. Oxfam-Magasins du monde, avec d’autres organisations, tire la sonnette d’alarme ! Il est urgent de repenser la manière dont nous utilisons les terres, en Belgique comme ailleurs dans le monde.

L’agriculture est menacée, notre alimentation aussi

L'accès à la terre en Belgique

Des chiffres qui en disent long.

Comment agir à son niveau ?

Devenir coopérateur de Terre-en-Vue

Il s’agit de soutenir de manière collective l’achat de terres pour une agriculture familiale et durable. Différents groupes « Terre-en-Vue » existent déjà en Wallonie et à Bruxelles.

www.terre-en-vue.be

Rejoindre un groupe citoyen

Rejoignez un groupe citoyen dans votre commune afin de défendre la revalorisation des terres agricoles et l’ancrage de la production alimentaire ou de résister aux projets d’urbanisation inutiles.

Consommer des produits équitables

De cette manière, vous posez déjà un geste en faveur de l’agriculture paysanne et de petites coopératives qui luttent pour un accès à la terre plus juste.

shop.omdm.be

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Le cri d’alarme de Pablo Servigne

En octobre 2013, Pablo Servigne, chercheur indépendant, jetait un pavé dans la mare du Parlement européen : chaque année, les résultats sont accablants pour notre système alimentaire industriel en Europe. Les scientifiques ont peur.

Il y a une probabilité réelle que le système alimentaire européen s’effondre dans quelques années.

Pour éviter cet effondrement, il faut selon lui repenser d’urgence notre système alimentaire, tant au niveau de la production, de la distribution et de la demande. Cela implique notamment de revoir l’aménagement des villes (favoriser l’agriculture urbaine, les circuits courts,..) mais aussi celui des zones rurales (création de ceintures vertes périurbaines pour l’agriculture). Pablo Servigne lance un cri d’alarme :

Il est indispensable d’arrêter le béton dès maintenant.

Pablo Servigne est l’auteur de « Nourrir l’Europe en temps de crise » paru aux éditions “Nature et progrès” en 2014.

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Les paysans font de la résistance

Les terres agricoles sont de plus en plus convoitées par des multinationales ou des entrepreneurs, partout dans le monde. Face à eux, la résistance s’organise. 

Inde : Ekta Parishad, la voix des sans voix

En Inde, le mouvement Ekta Parishad a réussi à mettre la question de l’accès à la terre au coeur du débat politique. Basées sur la non-violence, leurs actions sont impressionnantes. Après avoir organisé plusieurs marches pour le droit à la terre en Inde, rassemblant des milliers de paysans, ils lancent le défi d’une marche internationale en 2020, reliant Delhi à Genève !
www.ektaparishad.com

Haren, un des derniers grands espaces verts de Bruxelles à sauver

A Haren, au Nord de Bruxelles, une zone verte de 18 hectares est menacée par l’implantation d’une méga prison. Des habitants et un collectif citoyen s’opposent au projet. Ils ont créé une ZAD (zone à défendre) et ne manquent pas d’idées pour attirer le grand public : pique-nique, balades, plantage de patates et légumes, construction de cabanes et enclos pour animaux, concerts, conférences et projection de fi lms, etc. De quoi attirer un public de tout âge !
http://haren.luttespaysannes.be

L’accès au foncier, au Sud comme au Nord

À la veille de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, le mouvement paysan international La Via Campesina déclarait 1

Notre meilleur espoir pour faire face au changement climatique et nourrir la population croissante de la planète est d’engager un effort mondial visant à donner aux petits agriculteurs et aux communautés autochtones un contrôle sur les terres.

C’est en effet l’industrialisation de l’agriculture et de notre système alimentaire qui est responsable de 44 à 57 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre. Les pratiques paysannes ouvrent quant à elles des pistes crédibles pour lutter efficacement contre l’ampleur ce phénomène.

Ce sont aussi les paysans qui, grâce à leurs petites exploitations, produisent la plus grande partie de l’approvisionnement alimentaire mondial, principalement pour nourrir leur propre famille, leur communauté et les marchés locaux.

Aujourd’hui, la majorité des exploitations agricoles dans le monde sont petites et concentrées dans moins d’un quart de l’ensemble des terres agricoles. Et ce pourcentage ne cesse de diminuer constamment. Les petites fermes, les paysans et paysannes de toutes parts disparaissent, alors que les grandes exploitations industrielles agricoles s’agrandissent et se concentrent sur de la monoculture destinée à l’exportation.

En ce début de XXIème siècle, il y a pourtant une évidence qui échappe à bon nombre de personnes : les terres agricoles sont limitées, et se raréfient de plus en plus, notamment, à cause de pratiques agricoles non durables et du changement climatique qu’elles précipitent. Une donne qui transforme radicalement la question de la productivité. En effet, si l’on tient compte du critère de la durabilité et de la productivité à l’hectare, les performances des exploitations industrielles -ultraperformantes d’un point de vue strictement économique- deviennent toutes relatives. Or, de ce point de vue-là, l’agriculture paysanne a des atouts considérables, reconnus d’ailleurs par un très grand nombre de scientifique 2

Mais, la question de l’accès à la terre et du maintien de la paysannerie nous renvoie également à des enjeux éminemment démocratiques. Garder le contrôle sur nos terres cultivées, c’est en effet maintenir un accès régulier, permanent et libre, à une alimentation qui corresponde à nos besoins et à nos attentes. Un droit qu’il convient de faire valoir face à une logique spéculative sans merci qui voudrait que cela soit ceux qui possèdent les terres agricoles qui décident de notre avenir alimentaire.

Dans ce cahier thématique, nous vous proposons 6 analyses qui expliquent plus en détails la problématique de l’accès au foncier, au Sud comme au Nord, et laissent entrevoir quelques pistes et moyens d’action pour favoriser le développement de la paysannerie.

Corentin Dayez
Animateur thématique

Télécharger le cahier thématique