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CORR - The Jute Works

Let's do it fair
CORR - The Jute Works

Les activités de l’organisation ont démarré afin d’améliorer les conditions de vie des femmes victimes de la guerre et vivant le plus souvent dans des zones rurales défavorisées. Dans le nord, la partie la plus rurale du Bangladesh, les artisan∙e∙s sont majoritairement des personnes autochtones. Au sud, les artisan∙e∙s présent∙e∙s sur place sont en première ligne de l’impact des changements climatiques. Le reste des coopératives d’artisanat se trouvent au centre du pays (40%).

Pauline Grégoire

Impacts du changement climatique sur l’activité de Corr-The Jute Works (CJW)

Au Bangladesh, l’impact du changement climatique se ressent depuis déjà deux décennies. Selon Milton Suranjit Ratna, responsable du développement du commerce équitable chez CJW, d’ici 25 à 30 ans la moitié du pays sera soit salinisée soit submergée. Avec la montée des eaux, les inondations deviennent de plus en plus fréquentes, mettant en péril les zones agricoles. Les changements climatiques ont ainsi un impact direct sur l’agriculture du pays, dont dépend 70% de la population. Sans elle, les habitant·e·s des côtes deviendront des réfugié·e·s climatiques, ce qui risque de causer une « très grande crise » au Bangladesh, selon Milton.

Le changement climatique impacte aussi directement les activités de CJW. D’abord le produit de base, la jute, qui représente 55% de la production totale de l’organisation, devient rare et de moins bonne qualité (couleur ternie), puisqu’elle a besoin d’une certaine qualité d’irrigation et de climat pour prospérer. Ensuite sur l’emploi des personnes qui travaillent dans le secteur : moins de récolte signifie moins de travail. Du coup, on assiste à des déplacements de populations qui cherchent un autre emploi vers le centre du pays.

Moyens mis en œuvre pour y faire face

Pour maintenir un emploi local et la survie de l’économie, CJW développe des produits basés sur d’autres types de cultures, plus résistantes au sel (comme le hogla et les herbes marines). Le hogla représente maintenant 40% de la production dans les coopératives du Sud du pays. Les artisanes sont donc formées à tresser d’autres matières que la jute.

En soutien des conditions de vie, CJW forme aussi la population locale à récolter l’eau de pluie, car beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter de l’eau potable.

À l’échelle plus globale, l’organisation a aussi mis en place un projet de reforestation, dite « ceinture verte », afin de protéger les populations des côtes des cyclones, de plus en plus fréquents. Pour chaque arbre coupé, quatre arbres doivent être plantés. Depuis le début du projet (années 80), 3,5 millions d’arbres ont été plantés.

L’impact environnemental des activités de CJW est plutôt positif, puisque la jute se cultive sans pesticides et sans produits chimiques. L’impact environnemental le plus fort réside dans le transport de la marchandise au Bangladesh, sur lequel l’organisation travaille, en essayant d’optimiser tous ses moyens de transports avant que la marchandise n’arrive au port.

Jute Works (Bangladesh)

  • paniers et sacs en jute, herbes marines et hogla, objets en terre cuite
  • Actif depuis 1973 et collabore avec Oxfam depuis 1980
  • Coopérative de 6.500 personnes (98% de femmes)
  • 212 groupes de productrices, la plupart étant organisées en coopératives

Nous devons prendre soin de notre planète, car c’est la seule que nous avons. Et sur cette planète, nous avons assez de ressources pour nos besoins, mais pas assez si nous continuons de surconsommer. Nous devons donc être responsables de notre consommation, réfléchir à deux fois avant d’acheter un produit et l’utiliser à bon escient.

Milton Suranjit Ratna, responsable du commerce équitable chez CJW

Comment le commerce équitable soutient l’activité de CJW

Le commerce équitable a notamment permis à CJW de pouvoir rencontrer et échanger avec d’autres organisations de commerce équitable en Inde et ailleurs, et de développer de nouvelles techniques de recyclage et d’emballage. Milton insiste sur le fait que dans le monde du commerce équitable « nous nous considérons comme partenaires, et non pas comme des concurrents”.

Les acheteurs/euses ou organisations de commerce équitable devraient, selon Milton, s’engager encore plus dans les projets locaux d’adaptation au changement climatique qui existent déjà.

Le changement climatique a également un impact sur la violence envers les femmes

Dans la zone côtière du Bangladesh, de plus en plus de personnes sont forcées de migrer à cause du changement climatique et de la disparition de terres cultivables. Cela concerne surtout les femmes, qui sont très actives dans l’agriculture. Dans les zones frontalières du Sud, ces migrations provoquent des rapts de femmes, devenues plus vulnérables en raison de l’absence de source de revenus. CJW protège ces femmes du trafic d’être humains en leur permettant de rester sur leurs terres et de trouver un revenu stable.