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Par la force du vent !

Ou la perspective d’un monde bas carbone dans lequel « boire un café et manger du chocolat est possible, heureux et normal ».

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1990, au large de la Bretagne. Le petit breton Guillaume Le Grand, 8 ans, borde une voile sur le bateau de son grand-père. Sur le point de tomber par-dessus bord, il réalise alors la force du vent, capable de déplacer à grand vitesse un bateau de plusieurs tonnes. La graine plantée ne germe que des années plus tard, en 2006 : après une formation scientifique et un passage par la finance verte, il décide, sur un coup de tête, d’acheter un voilier. Son idée (un peu) folle ? Transporter des produits à la voile afin d’offrir à ses clients un transport décarboné.

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Après quelques péripéties, le projet se concrétise en 2010, notamment grâce à Diana Mesa, une multi-entrepreneuse qu’il a côtoyée durant ses études. Elle le convainc de fonder une entreprise, TOWT (pour Trans Oceanic Wind Transport) qui affrète bientôt régulièrement une vingtaine de voiliers. Ces derniers transportent chocolats, thés, rhums, cafés, champagnes, etc. sur toutes les mers du monde, des caraïbes à Amsterdam en passant par New York ou Douardenez. Ses clients comptent par exemple l’organisation colombienne de café équitable Javry, qui ambitionne d’acheminer 50% de ses cafés à la voile d’ici 2025.

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Résultat de ces petits et grands cabotages ? Des produits de terroir et à haute valeur ajoutée dont le transport est garanti zéro carbone. Un label (Anemos, pour vent en grec) restitue même aux clients diverses données sur le produit, telle la trace GPS, la distance à la voile, le bilan carbone ou encore le journal de bord, incluant photos et anecdotes. Une goutte d’eau de durabilité dans un océan de mauvaises pratiques ? Guillaume Le Grand le reconnait volontiers, TOWT ayant transporté un total de 1000 tonnes de marchandises depuis 2011. A comparer avec les 11 milliards de tonnes par an du fret maritime mondial !

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Mais l’entreprise ne compte pas en rester là. L’incendie d’un entrepôt en 2017 ne laisse d’ailleurs pas trop le choix : se développer ou mourir ! TOWT lance en août 2020 un appel d’offres pour la construction de 4 cargo-voiliers. A partir de 2023, chacun d’entre eux pourra transporter 1100t par voyage (à comparer aux 38000t d’un porte-conteneurs conventionnel), traverser l’atlantique 4 fois par an, économisant 10000t de CO2 par an. Et les programmes de navigations sont déjà bien remplis !

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Pour aller plus loin. Le projet et l’entreprise sont décrits sur le site de TOWT ainsi que dans une vidéo Youtube et un podcast d’Activer l’économie circulaire. La RTBF a consacré un article à une initiative similaire, Grain de Sail. Plus globalement, une étude d’Oxfam-Magasins du monde explore les liens entre commerce et climat, notamment la question de l’impact carbone du transport international (p.30) et des possibles alternatives (p. 53).