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Tu préfères?

Let's do it fair
Tu préfères?

Tu préfèrerais porter un t-shirt en coton bio de la tournée Happier Than Ever de Billie Eilish ou une chemise en lin vintage dénichée dans un magasin de seconde main ?

Si le t-shirt en question porte le label GOTS (Global Organic Textile Standard), c’est déjà pas mal ! Il garantit l’absence de rejets toxiques durant la fabrication du textile et de substances toxiques dans le vêtement . Si en plus la marque adhère à la Fairwear Fondation, c’est encore mieux, ce label garantissant un meilleur respect des droits sociaux …

Et Billie Eilish a annoncé vouloir diminuer l’empreinte carbone de sa prochaine tournée. Pas de plastique à usage unique les ami·e·s ! Prends ta gourde pour te rafraichir ! Bon niveau transport c’est pas encore gagné, l’avion s’impose dans ce genre de tournées… à toi de jouer : en plus de ta gourde, prends le train ou ton vélo.

Quant à l’achat en seconde main, il a clairement un impact positif niveau écologique, et les vêtements en lin également. On diminue concrètement son empreinte carbone en consommant en seconde main. Quant au lin, sa culture utilise très peu d’intrants chimiques et il ne génère pas de déchets car tous ses sous-produits sont réutilisés.

Tu préfèrerais manger une tomate bio cultivée en France ou une tomate bio de saison importée d’Espagne ?

« J’aime pas les tomates. » Lis quand même ! Car cela vaut pour n’importe quel fruit et légume. L’empreinte carbone d’une tomate dépendra beaucoup plus de la manière dont elle a été cultivée (avec ou sans intrants chimiques, de saison ou sous une serre chauffée) que du nombre de kilomètres parcourus. De nombreuses études démontrent que le transport ne constitue qu’une faible part du bilan carbone total d’un produit.

Ton sandwich : avec ou sans crudités ?

Une tomate même si elle a été produite en France mais hors saison sous serre chauffée aura une empreinte carbone près de 4 fois supérieure à une tomate de saison importée d’Espagne. Ah oui, j’oubliais, t’aimes pas les tomates, mais c’est pareil pour les concombres, banane !

Et qui l’a cueillie la tomate de ton sandwich ?

Il y a un risque qu’une tomate venant d’Espagne ait été cultivée et cueillie par des migrant·e·s Nord-Africain·e·s souspayé ·e·s et souvent traité·e·s de manière indigne (logements insalubres, rythme de travail infernal, brimades, harcèlement…).

Bref, à chaque fois que tu le peux, choisis un aliment bio de saison et équitable, qui respecte la terre et celles et ceux qui font pousser la tomate …ou le concombre… ou la carotte ou… Bref t’as compris.

Tu préfèrerais que l’on taxe les produits importés les plus polluants ou que l’on aide les pays les plus touchés par le changement climatique à s’orienter vers une production plus durable ?

« Pollueur payeur », tu te demandes si c’est un bon slogan pour une manif climat ? Taxer les produits polluants importés apparaît à 1ère vue comme une bonne idée… La Commission européenne vient d’ailleurs de le proposer dans son nouveau « paquet climat », avec l’instauration d’un marché du carbone aux frontières. Un peu comme pour les Pampers, ce marché veut lutter contre les fuites. Sauf qu’ici, il s’agit des « fuites carbone », c’est à dire de la méchante habitude de certaines industries très polluantes d’aller s’installer dans des pays moins stricts au niveau environnemental.

« Très bien » me diras-tu. Mais un risque avec ce type de taxe, c’est d’appauvrir les pays du Sud : peu ont les moyens de rendre leurs modes de production plus écologiques pour éviter ces taxes…

Alors pourquoi pas : « Fin du monde, faim dans le monde, même combat » ? Ça c’est badass comme slogan, prépare ta pancarte, t’as l’air plus chaud·e que le climat !

Car compte tenu de la responsabilité historique des pays riches (oui, oui, riche comme la Belgique ou d’autres pays de l’UE), il serait plus juste que ces pays du Sud, les plus touchés par les changements climatiques mais les moins responsables, soient soutenus dans leurs efforts d’adaptation à ces changements. Par exemple par un Fonds vert pour le climat. Ou, si on veut absolument une taxe sur les produits importés, que l’argent de cette taxe serve d’abord à aider ceux qui en ont le plus besoin (par exemple pour fabriquer des produits plus verts).

C’est une question de justice… climatique ! Et ça va falloir le crier haut et fort !

Anabelle Delonnette