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La seconde main, c'est bon pour le climat!

Fair Let's do it fair
La seconde main, c'est bon pour le climat!

L’industrie de la mode représente à elle seule près de 10% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète. 70% de ces émissions sont imputables à la confection et production, et 30% à la commercialisation. Face à la crise climatique, il est urgent de consommer moins ET mieux. Et ce ne sont pas les vêtements qui dorment dans nos armoires qui nous diront le contraire ! Muriel, « enthousiaste, engagée pour contribuer même modestement à changer les choses » est bénévole dans l’équipe du Magasin du monde-Oxfam d’Andenne.

Propos recueillis par Anabelle Delonnette

Sur le plan environnemental, la mode de seconde main constitue une alternative crédible pour réduire nos émissions de CO2 (à condition de ne pas consommer de manière excessive, cela va de soi). Elle permet, entre autres, aux vêtements produits d’être réinsérés dans un circuit économique, plutôt que de terminer dans nos poubelles. Au niveau social, la collecte, le tri, la revente, le raccommodage, la réparation et la réutilisation pour d’autres usages (isolants, chiffons industriels, etc.) et l’upcycling génèrent des emplois, développent ou maintiennent des compétences, tout en rendant la mode accessible au plus grand nombre. En 2020, les entreprises sociales et circulaires membres de la fédération Ressources occupent 7.803 personnes (contrats temps plein, insertion professionnelle et volontariat). Il est donc urgent de consommer moins ET mieux. Et ce ne sont pas les vêtements qui dorment dans nos armoires qui nous diront le contraire !

Interview

Muriel, « enthousiaste, engagée pour contribuer même modestement à changer les choses» est bénévole dans l’équipe du magasin du monde Oxfam d’Andenne. Elle nous partage ses motivations en faveur de la seconde main.

Pourquoi selon toi est-il important d’acheter en seconde main ?

Pour éviter le gaspillage et la surproduction. À l’heure actuelle, de nombreuses personnes, suivent les effets de mode, changent très souvent de vêtements, de chaussures et autres accessoires. C’est vrai aussi pour les voitures, ordinateurs, TV, smartphones… Ces articles sont encore en bon état voire en très bon état et peuvent rencontrer les besoins ou les envies d’autres personnes. La fabrication des vêtements est fort polluante notamment à cause des matières premières, utilise des ressources naturelles comme l’eau, la terre pour la culture du coton, avec parfois un accaparement des terres dans des régions pauvres, ou encore le pétrole pour les produits synthétiques. La surconsommation a un impact important du point de vue écologique et ce tout au long de la chaîne, depuis l’utilisation des ressources naturelles jusqu’à l’incinération ou l’enfouissement des « déchets » lorsqu’ils sont jetés.

Pourquoi est-il important de donner en seconde main ?

D’une part, pour les raisons que j’ai exposées et d’autre part pour permettre l’accès à des produits généralement de qualité à des personnes précarisées ou à faible revenu. Une population qui ne cesse, malheureusement, de croitre.

Comment portes-tu « ta fibre écologique » auprès de la clientèle et au-delà ?

À la clientèle qui s’excuse parfois d’acheter des vêtements de seconde main, alors qu’elle n’a pas de problème d’argent, j’explique les impacts environnementaux de l’industrie textile. Je discute également avec celles et ceux qui abordent le sujet de la surconsommation ou de la problématique des vêtements fabriqués à l’autre bout du monde dans des conditions de travail et de revenu indignes. Ou encore à celles et ceux qui « rapportent » des vêtements (achetés au magasin et qu’ils ou elles ne mettent plus) afin qu’ils trouvent à nouveau un·e proriétaire.

Qu’est-ce qui doit être prioritaire pour lutter contre le gaspillage vestimentaire ?

De façon générale, relancer les campagnes d’information : donner une meilleure image de la seconde main, inciter la population à la réflexion sur son mode de consommation et sur ce que ses choix impliquent. Éduquer les jeunes, éveiller leur esprit critique face aux nombreuses sources de tentations : pubs, influenceurs sur les réseaux sociaux, diktats de la mode…

La seconde main, un outil essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique

Pour rester sous les 1,5°C de réchauffement global et respecter l’Accord de Paris, on doit réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre mondiales d’ici 2030. Cela signifie une baisse considérable des émissions au niveau individuel : de 12 à 6 tonnes de CO2 par personne et par an en moyenne en Belgique d’ici 2030. L’achat en seconde main, pas seulement de vêtements, peut avoir un réel impact : il peut éviter l’émission de 200 kg de CO2 par personne et par an.

La seconde main, ce n’est pas que des magasins !

C’est aussi le tiroir rempli de fringues de sport vintage de mon tonton Jonathan, les fringues devenues trop petites mais toujours top de ma cousine Mado, la troc party organisée avec des collègues du boulot… Un dernier conseil de Muriel :

Regardez si ce que vous cherchez existe en seconde main.

Que deviennent vos dons de vêtements chez Oxfam-Magasin du monde ?

Vous est-il déjà arrivé de déposer les vêtements que vous ne portez plus dans l’un de nos 66 magasins situés à Bruxelles et en Wallonie ? Vous vous êtes alors peut-être demandé ce qu’ils devenaient ? Dans ce cas, lisez ceci pour tout savoir sur la seconde vie de vos habits !

Tout d’abord, nous travaillons en circuit court avec vos vêtements. En effet, nous collectons les dons directement dans nos magasins. Pas besoin de se déplacer jusqu’à une bulle ou un parc à container pour y déposer vos textiles. Vous pouvez simplement profiter d’un passage dans un Magasin du monde- Oxfam (seconde main ou commerce équitable) et le tour est joué !

Une fois entre les mains des bénévoles, vos dons sont triés sur place, repassés si nécessaire, étiquetés et mis en rayon pour le plus grand bonheur du prochain propriétaire ! Il arrive que certaines pièces ne trouvent pas preneur après quelques semaines en magasins. Il arrive aussi que certains dons présentent un petit défaut qui vous a échappé. Ces articles-là sont envoyés à l’ASBL Terre. Terre valorisera ces pièces, en fonction de leur état, au sein de son projet d’économie sociale à l’étranger ou vers de la réutilisation dérivée ou du recyclage (confection de loques, de rembourrage et, seulement dans quelques rares cas, effilochage en vue de recyclage).

Faire un don de vêtements à Oxfam-Magasins du monde c’est soutenir notre organisation et ses projets, soutenir nos partenaires d’artisanat dans le sud et aussi favoriser la récup pour promouvoir une alternative de consommation plus respectueuse de notre planète. Ensemble, grâce à vos dons, nous relèverons ces défis !

Privilégiez les magasins de seconde main avec le label Solid’R, qui s’inscrivent dans l’économie sociale et sont contrôlés par un organisme
indépendant.